La revue N0 4 a rendu hommage  à MOHAMED BENMOUSSA NOTRE GOUVERNEUR DECEDE LE 27 FEVRIER 2020 à Oran lors d’une visite de club

Revue N°4 janvier fevrier2020      CLIQUEZ ICI

Voici la lettre que j’ai écrite à Mohamed, le soir de son décès dans ma chambre d’hôtel à Oran,  après que je sois revenu de l’hôpital, où il a rendu l’âme. Cette lettre, écrite sous le choc émotionnel,  que j’ai gardée jusqu’à présent pour moi seul, je voudrai la partager avec vous, telle quelle, sans l’avoir corrigée, avec ses redondances, ses fautes de syntaxe et ses incohérences.

Mohamed, ton coté  perfectionniste te fera grincer des dents, mais  l’humanitaire que tu es, qui s’attache à soulager la souffrance, comprendra ma détresse et ne m’en voudras pas. Farid GHILI

 

 

 

LETTRE A MOHAMED, MON AMI, MON FRÈRE.

Mon cher ami et frère Mohamed

Je t’écris, car je ne peux pas dormir et comme tu le sais, lorsque le sommeil me fuit, plutôt que de compter les moutons,  je préfère écrire…

Je t’imagine esquisser  ce petit  sourire entendu, à me    plaindre de ne pas dormir, alors que nous  discutions et échangions des messages pour le fonctionnement du district,  à  des heures inconvenantes pour nos épouses et nos enfants. Car pour toi le perfectionniste, qui veut tellement bien faire les choses en ne laissant rien au hasard, soit les choses étaient parfaitement bien réalisées, soit elles ne l’étaient pas. Dans le doute tu n’hésites pas à solliciter des Lions  expérimentés, car tu fais partie de ceux qui se  considèrent comme des éternels apprenants et que la connaissance sert pour la conduite de la vie.

Il est 2 h du matin. C’est déjà demain. Je ne sais pas quoi dire, quoi penser, comment te le dire, comment de l’écrire. Je voudrais le crier mais, j’ai l’impression d’avoir  une boule fixée là, dans la gorge, qui m’empêche d’émettre le moindre son.

Il est 3h du matin. On dit que demain sera un autre jour, mais je ne réalise pas encore que tu nous as quittés et  que ce lendemain…. sera désormais sans toi.  Tu es parti, sans même que je puisse te dire au revoir, Oh, je sais, tu ne l’as pas voulu, toi qui aurait voulu faire tant de choses encore pour ta famille, tes patients, mais aussi pour notre district.  . Je pense à Zohra que j’ai appelé  après ta 1 er attaque, pour lui annoncer que tu es hospitalisé. Zohra et tes 4 filles ne te verront plus. Elles ne verront plus leur mari et papa chéri

Nous  avions   fait tant et en même temps, si peu de choses durant ces 8 mois statutaires. Peut-être pas de grandes choses, mais de petits rien, qui font la vie… qui font l’homme.

Et voilà que maintenant tu nous quittes.

En ce jour funeste du jeudi 27 février, comme de coutume, lorsque nous prenions la route en direction de l’Ouest du pays, nous avons fait une halte déjeuner à El khadra. Toi, le généreux, l’altruiste, l’homme au cœur fondant qui ne laissait jamais un compagnon de voyage mettre la main à la poche, j’ai  réussi, pour la 1ere… (et dernière) fois, à régler la note, et te promettant qu’au retour je te ne priverai pas de ce plaisir.

Mais le destin qui va plus vite que la vie en  a décidé autrement.

Mohamed, ceux qui ne te connaissent pas auront du mal à imaginer que sous ta carapace d’homme réservé, qui fait très sérieux, voir sévère,  se cache un pince sans rire,  un boute-en train de la gaieté, qui nous sortait à chaque occasion une histoire drôle. La dernière était celle du tlemcenien dans un train.

Nous avons partagé les soucis, mais aussi tant d’espoirs sur l’avenir de notre district.

Aujourd’hui et ce n’est plus avec toi que nous allons faire ce que tu voulais réaliser, mais nous allons continuer de travailler à tout ce que tu attendais, à tout ce que tu espérais, afin d’achever et surtout pérenniser ton œuvre inaccomplie.

Ta grandeur, ta bonté et ta générosité seront désormais pour nous Lions d’Algérie une façon de vivre. Tes valeurs  nous sont laissées en souvenir.

Comme une immense dune du désert, la mort nous sépare de toi, mais  le sirocco, ce vent chaud du sud, une contrée qui t’est chère,  emportera les obstacles. Comme ton logo  qui met en valeur  le Petit prince de saint Exupéry qui fend le vent d’Afrique. Cette Afrique que  tu as vu devenir une aire constitutionnelle entière et pour laquelle tu as voulu accorder une grande place dans ta convention en faisant  appel à un africain notre ami Manoj SHAH pour être l’orateur officiel..

Mohamed, Notre amitié, notre fraternisation et notre espérance, s’en iront te rejoindre là où désormais, tu nous attends.

Lions Farid G, ton ami, ton frère.