OU EST PASSÉE L’ETHIQUE ?

Par PDG Hadj Ali GHOZALI

 

Je remercie le gouverneur de m’avoir confié la présidence de la commission d’éthique. Je sais qu’il est difficile de succéder à mon ami Ali, tant son expérience est grande, mais je tacherai de répondre positivement à cette sollicitation.

QU’EST CE L’ETHIQUE ?

Il n’échappe à personne que nous nous éloignons de plus des règles élémentaires de notre association, dont de l’éthique (heureusement pas tous) et les conséquences se font de plus en ressentir.

Les mots « morale » et « éthique » se rapportent à la sphère des valeurs et des principes moraux. Sont-ils synonymes ? Ont-ils des significations distinctes ? Différentes écoles de pensée existent sur cette question. Pour certains penseurs, « morale » et « éthique » ont la même signification : le premier provient du mot latin mores et le second du mot grec éthos qui, tous les deux, signifient « mœurs ». Pour d’autres, ces termes prennent des sens différents et ne sont pas équivalents.

La morale se réfère à un ensemble de valeurs et de principes qui permettent de différencier le bien du mal, le juste de l’injuste, l’acceptable de l’inacceptable, et auxquels il faudrait se conformer.

L’éthique, quant à elle, n’est pas un ensemble de valeurs ni de principes en particulier. Il s’agit d’une réflexion argumentée en vue du bien-agir. Elle propose de s’interroger sur les valeurs morales et les principes moraux qui devraient orienter nos actions, dans différentes situations, dans le but d’agir conformément à ceux-ci.Il est vrai et avéré que vivre en société, sans un motus vivendi, est un exercice assez délicat, tant, les comportements, les idées sont parfois éloignées, voir opposées.

Dans notre association, composée de femmes, d’hommes, de jeunes, de moins jeunes, occupant diverses professions, il est certain que nous ne pouvons avoir la même pensée et le même comportement devant diverses situations. Nous venons de divers horizons, répondant à diverses coutumes et/ou traditions, il est normal que nous soyons différents les uns des autres, avec des idées différentes. Nous réunissent les règles de fonctionnement de nos clubs.

Depuis que l’individu pense être devenu le centre du monde (et il y en a), le ressenti [pour soi] prime sur la société, engendrant le développement d’un certain égoïsme. Il semblerait que ce nouvel-individu, autocentré et hyper-sensible, ressente chaque contrariété comme étant une attaque personnelle contre lui. Il semblerait même, que tout inconvénient, soit devenu pour lui une offense, sans discussion et sans nuance aucune. (Ne vivons-nous pas cette situation au niveau de notre association et à tous les niveaux ?)

L’inconvénient de cette situation devient un désagrément.  Comme le mot le laisse deviner, un désagrément est…désagréable, il est toutefois de l’ordre du ressenti. Il faudrait cependant éviter de confondre ce qui est désagréable, inconvénient ou fâcheux avec une offense proprement dite.

Cependant, quelques distinctions s’imposent entre l’inconvénient et l’offense.

L’offense diffère de l’inconvénient par sa nature et par sa force. Alors que pour ressentir on peut être seul, pour subir une offense il faut être au moins deux.

Au-delà du désagrément, l’offense choque ou blesse. L’offense peut résulter d’une insulte, d’une attaque, qui heurte là où nous sommes vulnérables. Offensé, on se sent diminué, battu, on baisse les bras et on part. Pourtant, il faut savoir que tout inconvénient n’est pas pour autant une offense.

La confusion de l’inconvénient et de l’offense est une conséquence directe de la pensée binaire qui afflige la société en ce moment. Devant l’offense perçue, qui n’est souvent qu’inconvénient, le nouvel-individu se fâche et hurle son indignation.

Ne pas être d’accord sur la vision des choses ne peut en aucun cas être ressenti comme une offense, surtout, lorsque l’on n’a pas pu imposer sa manière de voir les choses. Si nous faisons une étude rétrospective sur les départs individuels ou collectifs, une bonne partie a succombé à cette confusion, laquelle ne peut être annihilée que par des discussions franches et l’acceptation des arguments des autres.

Que pensons –nous (nous les Lions) de cette situation ? Que doit-on faire ? Que pouvons-nous espérer ? Il n’ ya pas que les officiels qui devraient se sentir visés par ces questionnements, mais tout Lions qui se sent concerné par l’avenir de notre mouvement.

Ces interrogations énoncent déjà le fondement de la pensée qui considère que vivre en société dans un cadre organisé qui est le notre, vaut mieux que vivre seul. Afin de ne pas sombrer dans le marasme du cynisme.

Si nous nous laissons encore envahir par ces sentiments, par une fierté mal placée, par un retranchement sur soi-même, refusant toute discussion ou dialogue, c’est notre association qui sera la première perdante. Les dissensions, si elles ne sont pas maîtrisées, canalisées, et si elles deviennent nombreuses, c’est une répercussion directe sur la cohésion à l’intérieur des clubs et entre clubs, se traduisant souvent par des abondons, entrainant la perte d’une partie des effectifs.

Mère Térésa a dit : Tu peux faire ce que je ne peux pas faire. Je peux faire ce que tu ne peux pas faire. Ensemble, nous pouvons faire de grandes choses.

Si l’on veut réussir tous mettre, il faudra remettre les choses en perspectives en :

  • Arrêtant de confondre l’inconvénient et l’offense.
  • Cessant de craindre est le remède qui permettra de faire les distinctions qui s’imposent.
  • Arrêtant de considérer que toute remarque est une attaque. Toute différence d’opinion n’est pas la fin du monde et plusieurs visions du monde peuvent cohabiter.
  • Considérant que la confiance vaut mieux que la méfiance.
MEDITONS CES QUELQUES POINTS, LE MONDE N’EN SERA QUE PLUS BEAU.

L‘éthique est aussi une application stricte des statuts et des règlements qui nous régissent, dans notre comportement, dans notre fonctionnement.

Sommes-nous en train de les observer ?

Un seul exemple édifiant de notre éloignement des règles minimas de fonctionnement de notre association :

Un nouveau membre, dès qu’il est repéré par son éventuel parrain, doit être présenté aux membres du club qu’il souhaiterait rejoindre, vivre quelques instant avec eux en assistant  aux réunions pour s’imprégner de la vie du club  et connaître ceux qu’il aurait à rejoindre si sa candidature reçoit l’aval du club (au minimum ).  Il ne doit pas avoir, dès le départ, l’assurance qu’il deviendra membre club. Ce n’est qu’après cette période d’observation et que, s’il est coopté on commence à penser à son intronisation.

L’intronisation d’un ou de nouveaux membres Lions est un moment important pour le candidat et pour le Club. Cette cérémonie doit donc revêtir un cachet particulier et solennel et surtout immortalisée.  Il faut que le nouveau Lions se sente fière de faire partie de l’association en général et du club en particulier. Dans beaucoup de club, le protocole entourant cette cérémonie est inexistant et certains nouveaux Lions ne reçoivent pas leur pochette d’intronisation et souvent sont « épinglés » avec des pins’s d’emprunt.

Durant cette cérémonie, les engagements suivants sont pris par le parrain et le filleul, devant tous les autres membres.

Vous, en tant que parrain, (si vous l’avez déjà été), n’avez-vous pas pris l’engagement envers votre filleul de :

  1. Lui donner le sentiment d’être utile et le bien venu dès qu’il portera l’insigne « Lions »
  2. Le présenter à tous les membres du Club et veiller à ce qu’il s’imprègne des fonctions des différents officiels du Club.
  3. L’accompagner aux premières réunions.
  4. l’aider à bien connaître les statuts de l’association et le règlement intérieur du Club.
  5. Insister auprès des officiels pour lui confier des tâches qui feront de lui un Lion actif dès le départ.
  6. Répondre à toutes ses questions au sujet du Club ou du Lionisme en général.
  7. L’aider à cultiver les qualités de chef.

Est ce que ces promesses sont tenues par celui qui les a prises ?

Le nouveau Lions s’est aussi engagé devant les membres du club à :

  • respecter les statuts de l’Association internationale et le règlement intérieur du club,
  • assisté aux réunions régulièrement ;
  • respecter ses engagements financiers envers le club ;
  • aider à maintenir, construire et développer l’effectif du club ;
  • aider le club en cas de besoin, en servant dans les commissions ou dans  d’autres occasions si l’on a besoin suivre les principes du code d’éthique et les objectifs du Lions International.
QU’EN EST-IL AUJOURD’HUI DE CES ENGAGEMENTS PRIS ?

Le seul non respect de ces engagements se traduit par une stagnation, voir une diminution des effectifs.  Car, malheureusement, le nombre d’intronisations de nouveaux membres, est largement compensé par les démissions ou disparitions de clubs. Notre district qui compte 25 ans d’existence comptait à sa création presque 300 membres. Durant toute cette période il a été créé bon an mal an 3 clubs soit un effectif additionnel de 1500 personnes. Nous aurions du être aujourd’hui un district à part entière. Nous restons en deçà de 400 Membres.

Le problème n’est donc pas dû au nombre de recrutements mais de canalisation des nouveaux membres et leur encadrement.

Est-ce ainsi que l’on veut continuer à vivre et voir notre association condamnée au statut de district provisoire, voire sa disparition ?

Partons du principe que notre objectif est d’abord :

  • La préservation de l’effectif existant,
  • L’augmentation des effectifs en les récupérant, notamment dans les milieux universitaires
  • Si l’on est tenté de créer de nouveaux clubs, pensons à la branche qui peut être, par le nombre facilement constituée (à partir de 06 membres) et son parrainage plus aisé. Son élévation au niveau de club sera plus pratique, avec une partie des effectifs déjà rompue
  • Ne recruter et n’introniser le futur membre que lorsque vous vous êtes assurés qu’il a bien pris connaissance de ses obligations envers le club (règlement de cotisations, disponibilité pour les réunions, participation aux actions du club et respect des statuts et du règlement intérieur de l’association et du club, s’il en existe un.