Construire une équipe performante, c’est être capable de passer du « Je » au « Nous » et sortir du périmètre individuel afin d’établir des relations de coresponsabilité, d’engagement, de communication, de recherche commune de solutions…

Le but ultime est d’amener les membres du groupe à penser plus souvent en« nous » et moins en « je », car gagner en groupe c’est mettre en commun un ensemble de compétences qui deviennent le moteur de nouvelles capacités d’action.

Qu’est-ce qu’un groupe ?

C’est un ensemble de personnes qui entretiennent des relations structurées en fonction d’un objectif commun.

Il peut être restreint (3 à 20/25 personnes), grand (25 à 50), une foule (constituée d’un grand nombre), une bande etc…

Les différents membres du groupe entretiennent entre eux et entre le groupe et son milieu des relations d’interdépendance avec des rôles différents bien sûr. Ils poursuivent des buts communs et développent un réseau de liens affectifs les uns avec les autres.

Comment fonctionne le groupe ? 

Le groupe a ses propres règles de fonctionnement qui dépendent de raisons objectives comme le but poursuivi, la nature de la tâche, les conditions matérielles du travail et de raisons psychologiques, sociales et affectives qui déterminent les comportements des uns par rapport aux autres. La personnalité de chaque membre du groupe (visible à travers ses paroles, son comportement, ses attitudes) est en interrelation avec les personnalités des autres membres.

Ces caractéristiques psychologiques du groupe vont déterminer le positionnement psychologique et affectif que chacun va se construire à partir de ses émotions et perceptions. Chaque membre va tisser un réseau relationnel et affectif informel et donner ainsi au groupe une personnalité propre à partir des échanges qu’ils entretiennent entre eux. Ces échanges sont plus ou moins influencés par les normes du groupe, les attitudes, les propos, les réactions.

Par ailleurs, ces normes (ciment du groupe et sa raison d’être) que se donne le groupe,vont influencer son fonctionnement grâce aux buts collectifs communs qu’ils se sont fixés et quidépendent de ses codes de valeurs.Chaque membre du groupe vit sa situation dans le groupe de manière différente (comment il perçoit les autres et comment il est perçu par eux), les émotions et sentiments collectifs entraînant des actions ou des réactions collectives.

L’histoire commune du groupe laisse apparaître l’existence d’un inconscient collectif déterminé par son histoire communeet qui influe sur son équilibre interne et externe.

Dynamique du groupe

On entend par dynamique du groupe « tous les processus relationnels qui influent sur l’efficacité du groupe » et qui se caractérisent par l’adhésion de tous ses membres autour d’un projet commun.

Les rôles des membres dans le groupe sont centrés sur la tâche ; la manière dont ils vont progresser va contribuer à l’entretien du groupe et au maintien de la cohésion.

Ces derniers en interagissant vont développer un processus de cohésion organisé autour du leadership.

La cohésion passe par une mobilisation du groupe autour d’un objectif commun simple, mesurable et atteignable.

Le leadership :

Le développement d’une structure de pouvoir va faire émerger un leadership qui est en mesure d’instaurer une ambiance propice au travail d’équipe grâce à son empathie et son humanisme. Il inspire confiance, influence le groupe et doit permettre aux membres d’établir une relation de confiance qui doit être réciproque et basée sur les relations affectives, des liens de sympathie ou d’antipathie.

Il doit veiller également à éviter les clivages pour amener le groupe à passer d’un état d’esprit à un autre, ce qui démontre bien unecapacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d’une action collective. Une capacité quidoit l’amener à apaiser les tensions et lui permettre de trouver des terrains d’entente pour soutenir la motivation durablement, sans toutefois écraser les individualités mais bien au contraire les valoriser !

Sa façon de mener des actions, va directement influer sur la qualité des échanges et agir sur la gestion des oppositions éventuelles à la recherche d’un consensus.

La prise de décision

L’efficacité du groupe passe non seulement par la maîtrise de l’organisation matérielle, mais dépend également de son objectif et de sa structuration, et toute décision prise pour / et dans le groupe suppose qu’il y a eu recherche de consensus.Ce dernier peut se vérifier selon les trois critères suivants :

En surface, puisque bien souvent la façon dont la décision est prise est plus importante que le contenu ;

En profondeur, puisque le mode d’expression des individus importe tout autant ;

En compréhension, puisque les décisions prises ne sont pas toujours exécutées par les membres.

L’objectif doit être ambitieux avec des valeurs communes aux uns et aux autres, où le mode de fonctionnement est clair et connu de tous, et où le rôle de chacun est bien déterminé.

Impact de la cohésion

Plus l’esprit d’équipe se développe, plus la volonté de réussir et de faire aboutir les projets grandit. Si la cohésion cohabite avec l’adhésion, la concrétisation des projets est au rendez-vous et les freins à la réussite disparaissent.

Il faut développer le sentiment d’appartenance car plus le groupe est soudé plus les chances de cohésion sont grandes.

Cohésion ne veut pas dire se conformer à la majorité.

Mais l’excès de cohésion peut aussi avoir des effets pervers, comme rendre

intolérant.

Cohésion et bénévolat :

La rencontre entre un bénévole et une association se base sur un véritable échange égalitaire.

Il faut toujours garder à l’esprit qu’une association n’est pas une entreprise : les liens « hiérarchiques » ne doivent pas exister car le bénévole a une entière liberté.

L’association doit valoriser l’apport et les compétences des uns et des autres au sein du groupe. Si le bénévole s’engage, c’est parce qu’il recherche un environnement favorable pour mener à bien ses actions. Il s’engage d’abord pour lui-même puis pour les autres et ensuite avec eux.

Mais alors qu’est-ce qui motive l’engagement d’un bénévole ?
Comme les profils des bénévoles sont variés, les raisons de leur engagement sont multiples.

Le bénévole offre à l’association son temps et ses compétences en échange d’un cadre propice à l’épanouissement personnel qui peut se concrétiser grâce àla rencontre avec des personnes ayant les mêmes préoccupations.

Beaucoup veulent donner un sens à leur vie et donc éprouvent beaucoup de plaisir à s’accomplir, ce qui ne peut que renforcer l’estime de soi, et la plupart sont surtout intéressés par obtenir une reconnaissance.

Il est clair que cet engagement est indissociable du plaisir lié à l’accomplissement de soi, il est en même temps la condition et la conséquence de l’action.

C’est en étant à l’écoute du bénévole pour le comprendre, en étant attentif à ce qu’il est eten cherchant à savoir s’il est content que l’on peut le garder le plus longtemps possible. Cela va sans dire qu’il ne faut jamais laisser de jeux de pouvoir s’instaurer.

« Trouver des bénévoles, c’est bien…les garder c’est encore mieux ! »

On ne dit jamais assez merci !

Fatma-Zohra BENMOUSSA

Docteur en psychologie