La Kalaa Bni Rached, ancienne cité berbère de la tribu des HOUARA, faction de la fameuse confédération des Maghraoua, est connue pour avoir donné naissance à des personnages célèbres: Sid Ahmed BENYOUCEF, (Saint patron de Miliana et de Beni Abbes), Sidi Mohamed MAAZA (mosquée antique du vieux Ténes), Bouziane EL KALAI, le fameux bandit nationaliste exécuté par les autorités françaises à Mohammedia)…
Cette cité médiévale, également réputée pour la grotte de Mesrata, son cimetière ottoman, sans doute le plus important d’Algérie, ses tapis et ses 365 saints (nous y reviendrons dans un autre papier) a été le théâtre de combats entre les troupes espagnoles, et les ottomans qui volaient au secours de Aroudj, lors de sa fuite de Tlemcen. C’est lors de cet accrochage qui a décimé les renforts ottomans, qu’ISHAK a laissé la vie. Nous avons très peu de sources sur cette bataille. Les quelques écrits (essentiellement espagnols) qui relatent cette bataille, ne précisent pas si la tête de ISHAK a été emportée comme trophée par les espagnols, comme ils l’ont fait pour AROUDJ.Tout porte à croire que ISHAK a été enterré à la Kalaa des bni Rached et précisément au quartier de Ras el Kalaa, véritable nid d’aigle, inaccessible en raison de sa topographie. Faute d’écrits étayant cette piste, nous allons nous contenter des sources traditionnelles locales. Dansla tradition orale, ISHAK serait enterré à l’intérieur du Mausolée de Sidi DAHMANE (lui même serait un fils de Sidi Abderrahane ethaalibi d’Alger, une information non avérée). Il y a quelques années, nous n’avions pu accéder à l’intérieur de ce mausolée. Cette fois grâce à notre ami Boualem Maaza, nous eûmes le privilège d’y pénétrer.
Le mausolée de Sidi Dahmane qui tombait en ruine a été réhabilité par ses héritiers, mais il est hélas inaccessible aux touristes, hormis au mois d’avril, à l’occasion de sa Zyara. Il est omposé d’une salle avec une grande voûte à plein cintre en son centre et de quatre autres plus petites, aux quatre points cardinaux. Si le catafalque de Sidi Dahmane est bien visible, aucun signe n’indique que ISHAK est enterré à l’intérieur de ce mausolée.
Le descendant de Sidi Dahmane nous a indiqué sous la coupole orienté Nord /Est, des carreaux ( notre photo ci contre) aux motifs différents de ceux du reste du mausolée. Ce sont ces carreaux qui sont censés indiquer l’endroit où serait la tombe d’ISHAK ; des carreaux identiques à proximité indiquent aussi, celle de son lieutenant, un certain SKANDER.
Quel que soit notre rapport avec la période ottomane, il est fondamental que tous les éléments constitutifs de notre histoire, demeurent visibles et mis en valeur.
A u regard de ses potentialités, la Kalaa Bni Rached, présente un paradigme authentique pour le developpement du tourisme solidaire, un concept encore à l’état embryonnaire en Algérie.
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Farid GHILI Aout 2017
Faridghili@gmail.com